Rendre la mort plus sereine

Note : cet article est proposé par Chantal du blog Ambition et Réussite.

 

Un grand merci de cœur à cœur à Eliane qui m’accueille sur son blog « Mon Blog Anti-Cancer » pour un sujet malheureusement encore trop tabou parce que douloureux d’en parler : la mort.

Si tu me le permets, j’ai décidé de le faire en m’adressant directement à toi chère amie. Toi qui oses te raconter sur ton blog dans l’épreuve de la maladie que tu traverses, dans tes espoirs et tes désespérances que l’on devine parfois lorsqu’ arrive un résultat confirmant l’évolution du cancer. Toi qui donnes avec simplicité et amour toutes tes recettes pour vivre le mieux possible cette situation, apportant ainsi à d’autres la preuve qu’au plus fort de nos difficultés, nous pouvons continuer à goûter ce que la vie nous permet de faire chaque jour. Tu apportes l’espoir et la force de rester ancrer dans l’instant présent, qui au final est le seul qui vaille la peine d’être vécu, sans pour autant nier l’évidence de ton état mais avec cette volonté de témoigner, au travers de tes vidéos et de tes articles, de tout ce qui te donne Joie et Bonheur. Tu es actrice à part entière de ta vie, tu sais écouter les diagnostics, entendre les verdicts médicaux et des autres chemins de mieux-être ou guérisons possibles et tu te donnes le droit de décider en ton âme et conscience. En cela, nous avons beaucoup de points communs puisque j’ai eu cancer puis récidive et bien sûr, je me suis posée cette question qui fait peur : Et si je mourais ? Et si c’était la fin ?

Mais est-ce une fin en soi ?

Et comment mourir le « mieux possible » ?

Autant de questions que je me suis posée même si le fait d’avoir accompagné des personnes en fin de vie m’a apporté un regard complètement différent sur ce sujet.

lettre

 

Alors laisse-moi te dire

mort

Cette « faucheuse » vient à nous sans crier gare lors d’un accident et le choc causé est d’autant plus grand qu’elle ne laisse à personne le temps de s’y préparer. La brutalité de cet évènement amène très souvent un fort déni et le deuil sera plus difficile à faire.

Mais dans le cas de la maladie, Dame La Mort nous laisse l’opportunité de nous préparer à notre départ. Alors bien sûr, même si nous y pensons, nous avons toujours l’espoir de reculer cette échéance et c’est tant mieux car cette espérance nous maintient dans l’action pour combattre.

Heureusement, ce combat amène au succès d’une guérison mais je dis « d’une guérison » car mon accompagnement auprès de personnes en fin de vie m’a prouvé que LA MORT PEUT AUSSI ÊTRE UN CHEMIN DE GUÉRISON.

Ce qui, au final, est le plus difficile à accepter dans l’hypothèse d’un départ physique, ce n’est pas tant de quitter un corps qui nous demande un repos qu’on ne sait plus lui donner mais c’est le fait de quitter physiquement ceux qu’on aime. Et je trouve que l’un des bénéfices (oui, je parle bien de bénéfices) de la maladie est de nous donner un temps pour OSER PARLER de cette fin.

Un point commun à toutes les personnes qui arrivent en fin de vie, c’est qu’elles le sentent ! OUI LA PERSONNE SAIT TOUJOURS QUAND ELLE VA MOURIR.

Dans l’accompagnement, lorsque tu commences à dire le mot « mort », c’est comme si la personne pouvait ENFIN libérer ce qu’elle sait déjà au plus profond d’elle-même et très souvent, la raison qu’elle donne à son refus (ou à sa peur) d’en parler, c’est qu’elle ne veut pas faire de peine à son entourage. Alors, elle les laisse dans l’illusion d’une guérison physique et elle s’illusionne aussi en quelque sorte (c’est ce qu’on appelle le marchandage dans les étapes du deuil). Ce qui est dingue, c’est que lorsque tu accompagnes aussi la famille et que tu leur permets de dire le mot « mort » sur l’issue possible à ce que l’être aimé vit, elle est tout aussi libérée ! Chacun peut alors parler et se confier.

LA PREMIÈRE DES CHOSES POUR MOURIR LE PLUS SEREINEMENT POSSIBLE EST DÉJÀ D’EN PARLER.

Pourquoi parler peut amener autant de sérénité ?

Parce que le mot « mort » qui engendre tant de peurs : peur de la séparation, peur de la dégradation de son propre corps, peur de l’inconnu, peur de l’enfer ou du paradis, peur de l’après… oui, y-a-t-il une vie après la mort ? Vaste sujet qui demanderait à être développé mais restons pour l’instant dans l’importance d’affronter toutes ces peurs et de voir ce qui se passe lorsque les personnes osent le faire.

Un de mes moments les plus forts en accompagnement fut celui d’aider une famille. La maman était en fin de vie et dès que je lui ai demandé si elle acceptait qu’on parle de la mort, ce fut pour cette femme la permission d’oser dire ses peurs mais de me dire aussi à quel point elle se sentait fatiguée et d’avouer que si elle « tenait le coup » malgré son corps très douloureux, c’était surtout parce qu’elle ne savait pas comment dire à ses enfants qu’elle n’avait plus envie de lutter mais qu’elle aspirait à se laisser aller et mourir simplement.

Son compagnon ? Ils en avaient parlé tous deux mais lui non plus ne savait pas comment aborder cela avec leurs enfants.

Lorsque je leur ai alors demandé ce qui s’était passé entre eux depuis qu’ils avaient osé parler de la mort, la réponse fut qu’ils s’étaient rapprochés encore plus, qu’ils pouvaient se dire leur amour, qu’ils parlaient de l’avenir des enfants, qu’ils préparaient ce qu’elle souhaitait pour ses funérailles. Ils partageaient aussi avec bonheur tout ce qu’ils avaient vécu ensemble et leurs regrets. En fait, ils vivaient pleinement chaque moment.

A ma question sur comment ils ressentaient tous ces partages. La réponse fut « beaucoup d’amour » et le tabou de parler de la mort étant levé, curieusement les peurs paraissaient moins importantes. Ils se sentaient tristes d’avoir à se séparer mais presque heureux de le partager.

Et ma troisième question fut :

  • Voulez-vous priver vos enfants de tous ces instants de partage ?
  • NON

Et ce fut pour eux comme une révélation. Ils devaient en parler aux enfants pour que chacun puisse s’exprimer, qu’ils n’aient pas de regret de n’avoir pu se raconter dans cette situation.

Plutôt que de rester chacun dans son coin avec ses peurs, à faire comme si tout s’arrangerait… S’UNIR POUR SE DIRE.

Dans les jours qui suivirent, j’ai vu cette famille devenir plus forte et acquérir de la sérénité face à la mort. J’ai reçu une confidence d’un des enfants de cette famille qui me disait avoir pu dire un secret qu’il avait gardé en lui depuis de nombreuses années et qu’il s’en était libéré auprès de sa mère ! Une vraie réparation pour lui et la compréhension d’une mère face à un évènement qu’elle n’avait jamais compris et pour cause… Ah les non-dits ! Lorsqu’ils se disent, ils font des miracles même face à des choses difficiles à avouer.

Et puis, un jour, cette femme m’a confié qu’elle était prête à partir. Chacun de ses enfants avait passé du temps avec elle. A d’autres moments, c’est tous ensemble qu’ils avaient évoqués des choses de leur vie… MAIS il lui restait un regret.

  • Lequel ? Pouvait-elle m’en parler ?
  • Oui, je n’ai pas revu mon frère depuis 20ans à cause d’un différend.
  • Qui vous empêche de le contacter maintenant ?
  • Je ne suis pas sûre qu’il réponde à un appel de moi ou de mon époux et je ne peux plus me déplacer. C’est trop tard.

Alors, je lui ai parlé de la force du PARDON et nous avons travaillé là-dessus ensemble. Comme j’en témoigne dans mon livre « Oser Vivre », le miracle a opéré et son frère est entré en contact avec elle très peu de jours avant qu’elle ne décède.

Sa famille m’a témoigné qu’elle avait quitté les siens en sérénité, qu’elle leur a dit être en paix et tous étaient là pour lui dire au revoir.

Je pourrais te raconter bien d’autres histoires qui ressemblent beaucoup à celle-ci. Je pourrais aussi te témoigner que les enfants savent qu’ils vont mourir mais qu’ils s’inquiètent beaucoup parce que « papa et maman ne sont pas près pour entendre cette vérité » et ils sont très reconnaissants lorsqu’on peut aider leurs parents. Le fait de parler démystifie beaucoup de non-dits, permet de dire ses ressentis, de pleurer ensemble et puis de rire aussi…

Comme tu peux le voir, c’est une opportunité pour clarifier certaines situations qui ne sont pas étrangères à « l’empoisonnement » qu’on se fabrique et que notre corps un jour nous restitue.

Tu m’as confié, chère amie, avoir raconté à une psychologue ta vie en long, en large et en travers mais est-ce que celle-ci t’a accompagné(e) pour pardonner, pour te construire en prévision d’une guérison victorieuse et réparatrice de ton corps ou d’une guérison à lâcher ton corps pour aller vers d’autres horizons ?

Très peu de psy ont travaillé sur ce sujet et ignorent comment accompagner une personne en fin de vie car elles ne se sont pas confrontés à leurs propres peurs. C’est dans le cadre de mes études de Conseil en Santé Holistique que j’ai travaillé sur l’accompagnement des personnes en fin de vie.

T’a-t-elle enseignée comment parler de tout ce que tu ressens à ceux qui t’entourent (proche ou moins proche), oser dire aussi tes douleurs et tes moments de « ras le bol », d’envie de baisser les bras ?

Et parfois, ce n’est pas suffisant. Là aussi, il est important d’avoir une aide extérieure qui permet à la personne malade comme à la famille d’avoir un espace intime et respectueux où chacun pourra travailler sur son ressenti, ses peurs, ses interrogations. Après, ce sera plus facile pour parler entre eux.

Dans mon propre parcours, j’ai eu à pardonner certaines situations vécues et « mal digérées » mais j’ai eu aussi A ME PARDONNER d’avoir nourri des sentiments négatifs, prenant conscience qu’en fait, c’était à moi que j’avais causé le plus de tort.

Et crois-moi mon amie, SE PARDONNER est certainement le plus difficile à faire ! J’aurai l’occasion de revenir sur l’importance du pardon mais je l’aborde déjà dans cet article – réécoute le podcast… (Le processus est le même)

Alors s’il te plait, continue de te battre pour te réparer car demain, que tu vives ou que tu meures, c’est en PAIX que tu continueras ta route.

Merci pour QUI TU ES !

colombe

Commentaires (45)

  1. Eliane HEBERT (Auteur de l'article)

    Merci Chantal pour ce magnifique article qui me permet de nourrir ma réflexion. C’est un sujet délicat parfois douloureux qu’il ne faut ni occulter ni évacuer à la légère. J’y reviendrai certainement très prochainement. Merci encore.

    Répondre
    1. Taty Chantal

      Je t’en prie Eliane. Ce fut un moment plein d’empathie que j’avais envie de partager et je te remercie de m’avoir donné l’espace de ton blog pour le faire. J’espère qu’il pourra aider beaucoup de personnes malades ou proches à OSER parler !

      Répondre
      1. Eliane HEBERT (Auteur de l'article)

        Oui, ton approche peut libérer la parole. Dire les choses, les peurs, les non-dits, les culpabilités et tout simplement exprimer l’amour que l’on a tout simplement les uns pour les autres… Tout cela est important. C’est un sujet à développer. Merci Chantal pour ton aide.

        Répondre
  2. Ned

    BRAVO !
    J’adhère totalement et dans sa totalité.
    Il est vrai que dans tes articles tu sembles une femme célibataire … !
    À bientôt ?

    Répondre
    1. Eliane HEBERT (Auteur de l'article)

      Indépendante de caractère ne veut pas dire célibataire. Merci Ned mais c’est Chantal du blog ambition et réussite qu’il faut remercier.

      Répondre
  3. cathy

    Merci à vous deux de parler de ce thème si peu abordé dans notre société,
    J’ai envie de citer mon auteur favoris Christiane Singer
    “ne jamais oublier d’aimer exagérément, c’est la seule bonne mesure”
    extrait de son livre “Dernier fragment d’un long voyage”

    Répondre
    1. Eliane HEBERT (Auteur de l'article)

      Merci Cathy… Absolument…Ne jamais oublier d’aimer exagérément, j’adore.

      Répondre
      1. Taty Chantal

        Merci Cathy pour cette citation qui résume bien tout ce que nous oublions trop souvent de faire… comme si cela allait de soi ! Donc ne jamais oublier d’aimer exagérément mais encore une SE LE DIRE !

        Répondre
        1. Eliane HEBERT (Auteur de l'article)

          Merci les filles pour tout votre soutien…

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  4. Anne-Sophie

    Merci Eliane (et merci également à Chantal) pour cet article.

    En effet, la mort est malheureusement un sujet incontournable à traiter dans un blog sur le cancer.
    Pour autant, je me sens concernée par les 2 grands thèmes de cet article (la communication et le pardon). En effet, “les autres” (et surtout les gens qui nous entourent) sont un de nos actifs les plus précieux et il est important de leur dire qu’on les aime et de tout partager avec eux. Enfin, il est indispensable de se pardonner à soi-même, d’être indulgent envers soi-même et envers les gens qu’on aime, même si parfois on est pas d’accord avec eux.

    Quant à toi Eliane je t’envoie plein de courage, je sais que ce n’est pas facile d’autant plus que tu as déjà vécu cette situation de douleurs suite à une séance de radiothérapie qui t’avait laissé des séquelles. J’espère de tout cœur que tu vas trouver une solution et que ces douleurs vont vite disparaître.

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    1. Eliane HEBERT (Auteur de l'article)

      Merci Anne-Sophie pour tes remarques et ton soutien… Apprendre à communiquer positivement, il y a du boulot… Apprendre à se pardonner aussi…

      Répondre
    2. Taty Chantal

      Merci Anne-Sophie pour ton retour et je rebondis sur la réponse faite par Eliane sur le “boulot” que représente surtout le fait de se pardonner à SOI-MEME car c’est plus difficile qu’on ne le croit : se pardonner d’avoir entretenu des rancunes, des secrets, de s’être mal traitée tant en paroles qu’en actes… et je peux dire que tout au long de notre vie, c’est une action (revoir mon podcast et bientôt plus en détails dans un prochain article) à faire et… refaire car il est tellement facile de se culpabiliser et de s’eng… pour telle ou telle chose qu’on aurait souhaité avoir un résultat différent ! Encore plus lorsque la mort peut arriver.

      Répondre
      1. Eliane HEBERT (Auteur de l'article)

        C’est pourquoi j’aime bien le mandra d’Ho’oponopono : désolé, pardon, merci, je t’aime.

        Répondre
  5. Renata

    wuauuuuu c’est beau ! Bravo Chantal

    C’est “bête” qu’on a peur de la mort… Car personne ne sait jamais qui, ni quand…
    Mais quand on a un cancer on y pense tout de suite… Et sourtout si on a de douleurs…

    Pour “essayer” de ne pas avoir peur de la mort, je fais là et maintenant ce que je souhaite le plus, par exemple dessiner et passer du temps avec mon mari et enfants. Profiter vraiment de l’instant present et ne pas penser ce que je n’aurais pas fait.
    Merci Chantal pour ton article
    Merci Eliane pour tout tes messages
    Bisous
    Renata

    Répondre
    1. Eliane HEBERT (Auteur de l'article)

      Merci Renata pour ton soutien et tes encouragements…

      Répondre
    2. Taty Chantal

      Renata tu as tout compris ! Etre dans l’instant présent mais en le vivant à fond… comme si c’était notre dernier jour et cela demande une vigilance permanente car on a vite fait de se laisser contrarier par le quotidien. Quelle sagesse ;-) !

      Répondre
      1. Eliane HEBERT (Auteur de l'article)

        Trouver tout ce qui nous éloigne de l’instant présent et trouver tout ce qui nous rapproche de l’instant présent… Vaste sujet.

        Répondre
  6. cecile Sidobre

    Bonjour et merci pour ce très beau témoignage,

    De mon côté je marche aussi sur ce chemin d’accompagnement pour mon père et j’apprends beaucoup sur la vie. Il vient un temps où l’hiver s’approche et s’installe. les combats s’apaisent et seul l’ordre des choses est présent.
    Nous sommes tous calqué à l’universalité de la vie, régis par le mouvements célestes et terrestre et même si les hommes aimeraient penser qu’ils sont différents, puissantes, intelligents … ils sont une partie et un tout de l’ensemble. nous traversons les saisons de l’année comme celles du temps de la vie et après l’hiver vient le printemps !
    je t’embrasse très fort et te remercie d’être passé chez moi.

    Répondre
    1. Eliane HEBERT (Auteur de l'article)

      Merci Cécile. Je ne t’oublie pas.

      Répondre
    2. Taty Chantal

      Bonjour Cécile. Je vois que tu es dans une démarche de compréhension et de réparation. C’est super ! Comme tu le dis “les combats s’apaisent” et je rajouterai qu’ils se “dissolvent” dès qu’on y a mis des mots (pour éviter les maux) d’ailleurs, comme j’ai eu l’occasion de l’écrire dans un de mes articles, lorsque je travaille avec une personne sur un conflit du passé, elle se rend compte à quel point ce qui “a mis le feu aux poudres” peut paraitre dérisoire face à la solitude, la maladie ou la mort. Je vous souhaite une belle route à venir Cécile

      Répondre
      1. Eliane HEBERT (Auteur de l'article)

        Cécile est une personne remarquable qui m’a beaucoup appris et accompagné lors de séances de shiatsu qu’elle pratique sur Paris.

        Répondre
  7. josette

    Chère Eliane
    Je te remercie pour ton message, pourquoi déjà parler de la mort, oublies, tu n’en est pas là, tu es une combattante , il faut garder l’espoir, la vie réserve souvent de bonnes surprises, Si tu as besoin d’en parler, malgré ta souffrance nous sommes là pour t’écouter, Je n’ose pas venir te voir, de peur de te déranger. Si tu en as le courage viens nous voir tu seras toujours la bienvenue. En attendant nous t’embrassons bien fort. Bon courage.

    Répondre
    1. Eliane HEBERT (Auteur de l'article)

      Merci à vous deux… Tout simplement parce que j’ai mal, que j’ai peur et que j’y songe. Mais je pleure un bon coup et après cela passe. je suis une combattante de façade. Bises à vous deux.

      Répondre
    2. Taty Chantal

      Josette, parler de la mort n’enlève pas l’espoir que la vie continue mais par mon expérience d’accompagnements de personnes en maladie et/ou en fin de vie, croyez-moi, en parler c’est un acte très positif ! “oublier” peut revenir à “nier” ce que chacun porte au fond de soi (voir mon article sur le la résilience ou le déni http://ambition-et-reussite.com/quel-choix-entre-resilience-ou-deni/) et qui devient très lourd à vivre surtout quand les douleurs sont là : en parler nous délivre de ce poids.

      Répondre
      1. Eliane HEBERT (Auteur de l'article)

        D’accord avec toi Chantal… J’irai en parler avec Josette que j’adore… mais je ne veux pas pleurer devant elle parce qu’on a tous nos souffrances et on est là pour s’encourager et s’entraider et non pour se faire. C’est compliqué Chantal.

        Répondre
        1. Taty Chantal

          Ma chère Eliane, pleurer devant l’autre, ça aussi est un tabou qu’il faudrait bien supprimer une bonne fois pour toutes ! Pleurer est naturel et se cacher pour le faire montre de nous une façade (d’ailleurs tu en parles je crois dans l’un des commentaires ;-)…) qui peut fausser ce que les gens voient ou pensent de nous ! D’ailleurs, c’est le sujet de mon article de la semaine à découvrir car en cours de finition. S’encourager et s’entraider peut se faire en pleurant : c’est ce qui se passe très souvent dans les groupes sur le travail émotionnel. Suis l’élan de ton coeur d’aller voir Josette et ne t’occupe des circonstances dans lequel tu te sentiras pour partage avec elle. Tes larmes peuvent AUSSI aider autrui (les cacher c’est un comme un autre non-dit qu’on rajoute à la liste…) Avec mon amour.

          Répondre
          1. Eliane HEBERT (Auteur de l'article)

            Bon je m’aperçois qu’il y a encore plein de choses à régler. Merci.

  8. noah

    Merci Chantal et à toi Eliane pour ton courage qui m’inspire beaucoup. C’est vrai que la mort est un sujet tabou, mais en parler peut aider!!!

    Répondre
    1. Eliane HEBERT (Auteur de l'article)

      Merci Noah pour ton soutien.

      Répondre
  9. Pierre

    Très bel article Chantal !

    Tu as su relever ce défi de parler de la mort et du pardon avec délicatesse et coeur autant qu’avec clarté, deux sujets difficiles d’accès pour de nombreuses personnes dont je fais partie.
    On oublie trop souvent que la mort fait partie de la vie et que vivre sa vie en conscience nous permet de voir arriver la mort avec sérénité.

    Ce qui m’est le plus difficile est de voir des personnes qui ont vécu sans conscience avoir si peur de la mort, j’ai toujours l’impression d’un gâchis de vie, même si je sais bien que tout le monde n’est pas prêt à le comprendre.

    C’est là que peut aussi intervenir un simple pardon, et aussi une main posée doucement sur le bras de la personne que l’on accompagne, comme un message de tendresse…

    Répondre
    1. Taty Chantal

      Merci Pierre de ton retour qui me touche. Tu sais, les personnes qui ont si peur de la mort… Il suffit bien souvent de leur donner l’espace pour exprimer leurs peurs et cela les amène forcément à parler de la mort. C’est comme si tu dégoupillais une bouteille, elles vont tout “vider” et tu t’apercevras que c’est souvent lié à des deuils non faits (revoir http://ambition-et-reussite.com/avez-vous-fait-votre-deuil/) mais après, elles ressentent un grand soulagement. En fait, je dirai que les gens n’attendent que l’occasion d’ouvrir leur cœur à ce sujet, il faut juste les y encourager. J’aime bien ta suggestion de juste poser une main sur le bras de la personne… Très souvent et ce sera l’objet d’un autre article, les gens, croyant bien faire, “coupe” les émotions dont ils sont témoins et c’est dommageable. A bientôt

      Répondre
      1. Eliane HEBERT (Auteur de l'article)

        J’adore tes réponses, Chantal.

        Répondre
  10. Carole

    Eliane,

    Quand j’ai reçu ton mail invitant à lire cet article, j’avoue m’être inquiétée et pour toi et par rapport au sujet.
    Ce que Chantal a écrit a complètement fait écho en moi, même si passer à la pratique n’est pas toujours facile.
    Pardonner à l’autre même s’il n’est pas prêt à recevoir ce pardon.
    Je suis en train de terminer un livre trouvé par hasard (mais peut-être pas après tout) au fin fond d’une bibliothèque, de Dale Carnegie, le fameux auteur de “Comment se faire des amis”.
    Ce livre, pas très récent (1944), mais complètement d’actualité car traitant de l’âme humaine, s’intitule “Triomphez de vos soucis, Vivez que diable”, titre original :”How to stop worrying and start living”
    Dans ce livre, une multitude de phrases m’interpelle , comme celle-ci : “Ce ne sont pas les circonstances seules qui nous rendent heureux ou malheureux, ce sont surtout nos réactions en face de ces circonstances qui déterminent notre état d’esprit.”
    Eliane, je ne te connais qu’à travers ton blog, et une micro-rencontre le 3 octobre dernier, mais je vois en toi une personne lumineuse. C’est grâce à toi que des personnes comme Chantal peuvent nous transmettre d’aussi belles choses sur le sujet tabou qu’est la mort.
    Je vous en remercie toutes les deux très chaleureusement.
    Eliane, je t’envoie de la gaieté pour que tu te sentes mieux, et fais ce que tu aimes.

    Carole.

    Répondre
    1. Eliane HEBERT (Auteur de l'article)

      Merci Carole, cela me fait chaud au coeur de te lire. Amitiés.

      Répondre
    2. Taty Chantal

      Bonjour Carole et grand merci pour ce partage et le rappel du livre toujours d’actualités de Dale Carnegie ;-) ! J’aimerai juste apporter une nuance sur la notion du pardon car elle est très importante : pardonner à l’autre n’a rien à voir avec le fait qu’il soit prêt ou pas à l’entendre et j’ai suffisamment accompagné des personnes dans ce domaine pour savoir que le VRAI pardon, celui qui guérit notre âme, se fait dans notre intimité, entre SOI et SOI. Sans refaire ici un article, je vais essayer d’être plus claire : il y a une différence entre dire à l’autre qu’on lui pardonne, c’est une autre forme de “pouvoir” nous nous mettons en position de dominant sous-entendu “tu comprends moi je te pardonne ce que tu m’as fait” – Bien sûr, nous n’en sommes pas conscients (enfin la plupart du temps) alors que le pardon c’est à faire dans la démarche suivante : “Je décide de pardonner la situation que j’ai vécu avec cette personne – qu’elle le sache ou pas n’a aucune importance – et je me pardonne d’avoir entretenu de par mes pensées ou mes actes cette situation pendant tant d’années…” Vous comprenez ? Le VRAI pardon est un acte d’humilité et les plus beaux résultats dont j’ai été témoin dans ma vie et celle des autres ont été fait dans ce sens. Je peux vous assurer que, même si l’autre ne connait pas votre démarche, le message est bel et bien passé ! Je vais bientôt ré éditer mon livre “Oser Vivre” où je donne des exemples à ce sujet. J’espère vous avoir apporté un plus sur cette compréhension. Bonne route !

      Répondre
      1. Carole

        Merci Chantal pour cette précision sur le VRAI pardon.
        Je réalise ainsi qu’attendre que l’autre soit prêt à recevoir le pardon est une excuse pour ne pas agir.
        Je vais m’atteler au pardon de Soi à Soi, et ainsi me donner la chance de changer sans vouloir obliger les autres à le faire.

        Répondre
        1. Taty Chantal

          C’est super Carole, vraiment je suis touchée. Tiens-nous au courant lorsque ce sera fait. Je t’envoie plein d’énergie pour.

          Répondre
  11. marie

    L homme a oublié qu il était mortel et que la mort faisait partie de son destin malade ou non. Mais quel dommage !!!!!!!!!!!!!!!!!! .

    Répondre
    1. Eliane HEBERT (Auteur de l'article)

      Comment faire entrer la mort dans ce cycle de vie… C’est un parcours philosophique de vie. Pourtant j’avais pensé, y avoir déjà suffisamment réfléchi. Mes peurs et mes doutes sont les preuves que NON. Merci Marie pour toute notre correspondance en dehors de ce blog.

      Répondre
      1. Taty Chantal

        Ma chère Eliane, je te trouve bien dure avec toi ;-) ! Même si tu as cheminé par rapport à la mort, tes peurs et tes doutes sont bien naturels et prouve que tu es vivante, habitante de la terre, et que ton “instinct de survie” fonctionne bien. D’autant que, je te le rappelle, peurs et doutes sont plus liés en réalité au fait de se séparer physiquement de ceux qu’on aime qu’à la mort en elle-même. Justement, en parler supprime toute la pression que tu te donnes lorsque ton corps est trop douloureux ou que la médecine te dit qu’il y a évolution… et l’espoir que ton traitement en parallèle te permet encore de faire plein de belles choses et d’avancer sur ce chemin. Donne-toi de la DOUCEUR (pas de la dureté) – un petit truc que je te sors de ma boîte à outils qui, je pense, va te parler : Dessines selon ton intuition le mot DOULEUR pour qu’il se transforme en mot DOUCEUR, tu vois, il n’y a qu’une lettre à changer ! Pour l’avoir fait, cela fait du bien et calme les douleurs physiques… ET morales. Sois bonne avec toi et sans jugement. Je te confirme que tu es un bel être vivant constitué tout à fait normalement (petit rire d’amitié) Je t’embrasse

        Répondre
        1. Eliane HEBERT (Auteur de l'article)

          Merci pour ce judicieux conseil.

          Répondre
  12. Josie

    Tres bel hommage à une amie et belle approche de ce sujet difficile à évoquer …

    Répondre
    1. Eliane HEBERT (Auteur de l'article)

      Merci Josie.

      Répondre
    2. Taty Chantal

      Merci !

      Répondre
  13. Taty Chantal

    Merci Hélène pour ton témoignage très touchant ! Tu soulèves là un problème que tout le personnel aide-soignant (hors services spécifiques pour l’accompagnement de fin de vie) rencontre : j’ai donné des cours dans un IFSI pour les élèves de l’institut en stage et le personnel soignant. Il est certain que le manque de personnel, les “obligations” de rendement (et oui, il faut bien en parler) et les consignes déshumanisent l’accompagnement que ces hommes et femmes dévoués aimeraient mettre en place. Il y a énormément à faire dans ce domaine !
    Je ne suis pas étonnée que tu es gardée au fond de toi ces moments d’intimité vécus avec ce monsieur car chaque moment d’accompagnement (et je ne parle pas que de la mort) qui aide autrui à se dépasser, à se réparer et à vivre mieux sont des moments précieux et inaltérables.

    Répondre

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